dimanche 13 mai 2012

Étude autour de l'ouvrage "Le Design graphique" d'Alain Weill - 2003






1) Quels sont les deux mouvements ou créateurs de deux époques différentes qui ont le plus à voir avec vos recherches, vos intérêts et vos ambitions ? Argumentez. Illustrez.



Mon travail s'oriente autour d'un jeu entre les formes et les contre formes ainsi que le mouvement que ces formes peuvent créer pour l’œil du spectateur mais toujours en utilisant des structures simples et des formes géométriques élémentaires. J'aime privilégier une économie de moyen et une simplicité visuelle plutôt que d'étouffer une image qui pourrait trop désorienter le spectateur. C'est cette simplicité et cette efficacité que je cherche à travailler et que j'essaye de transmettre dans mes travaux. J'aime également beaucoup jouer sur la notion de hors champ car cela me permet de dévoiler des structures sans qu'elles n'apparaissent ou de suggérer, de laisser deviner des éléments de l'image sans qu'ils ne soient présents. Cela peut apporter une dimension narrative à l'image ou l'affiche que je trouve intéressante.


Voilà pour quelles raisons ce sont les travaux de Kasimir Malévitch et d'Emil Ruder qui se rapprochent le plus de mes ambitions mais également de mes centres d'intérêt.



Kasimir Malévitch (1878-1935) est considéré comme le père du "Suprématisme", mouvement qui se développe à partir de 1915 en Russie avec des artistes tels qu'El Lissitzky, Ivan Kliun, Ivan Puni, Olga Rozanova.

J'aime énormément les travaux de Kasimir Malévitch parce qu'ils sont d'une grande simplicité, tant dans le choix des formes que des couleurs ou dans leur organisation dans la page. L'artiste se base sur l'aspect géométrique pur des formes et l'agencement entre entre elles pour créer du mouvement. Je trouve que le jeu entre le vide et le plein dans la page est très harmonieux et crée un vrai impact visuel pour que le spectateur soit accroché. J'aime également le fait que chaque élément  visible individuellement du groupe de formes auquel il est associé mais toujours dans des compositions très simples, pures que je trouve particulièrement efficaces.



Kasimir Malévitch, Réalisme d'un garçon et d'un sac à dos, 1915
Kasimir Malévitch, Eight Rectangles, 1915

Kasimir Malévitch, Carré noir sur fond blanc, 1913



Kasimir Malévitch, Triangle bleu et carré noir, 1915

Kasimir Malévitch, Autoportrait en deux dimensions, 1915




Le second créateur m'ayant vraiment interpellé est Emil Ruder (1914 - 1970). Ce typographe et affichiste suisse est à l'origine de ce que l'on appelle "Le Style Suisse" défini par l'utilisation de polices sans-sérif, et l'emploi d'une grille de composition, produisant une mise en page souvent  asymétrique.
Il travaille à l'époque (années 50 - 60) avec d'autres artistes tels que Joseph Muller Brockman et Armin Hofmann.

Je trouve les affiches d'Emil Ruder particulièrement géniales. Elles sont à la fois simples et très impactantes. Souvent sur fond noir elles révèlent à la fois un mouvement, un équilibre ou un déséquilibre, et une seule et même forme qui suffit à combler la page car la mise en page est très bien menée. Les couleurs choisies sont souvent neutres, ce qui permet de placer le jeu de formes au premier plan et je trouve cela particulièrement judicieux. Les formes utilisées sont élémentaires et occupe la majeur partie de l'affiche. 

Par ailleurs, l'utilisation qu'il fait de la typographie est remarquable car elle est placée comme le serait une forme. Ce jeu avec la typographie dévoile de nombreuses possibilités sur les formes et contre formes (soit de soutenir un titre ou au contraire d'orienter l’œil du spectateur vers un texte descriptif). Le jeu entre le plein et les vides crée un équilibre dans l'image et dans la page. Si je devais ne citer qu'un seul affichiste ou typographe, ce serait Emil Ruder.



Emil Ruder, Neue wirtshausschilder, 1962
Emil Ruder, Die gute Form, 1958
Emil Ruder, Seit langem bewährt, 1970
Emil Ruder, Glaskunst aus Murano, 1955



J'ai choisi ces deux créateurs car je les trouve proches de ce que je tend à développer dans mes travaux, que j'aime énormément leurs productions et je trouve leur approche encore éminemment contemporaine.




2) Quels sont les deux mouvements ou créateurs de deux époques différentes qui ont le moins à voir avec vos recherches, vos intérêts et vos ambitions ? Argumentez. Illustrez. 

 


Les travaux de Koloman Moser et de Michel Quarez ont le moins à voir avec ce que je tend à développer, mes ambitions mais également mes centres d'intérêt.




Les travaux de Koloman Moser (1868 - 1928) dit "Kolo" Moser est un artiste autrichien faisant partie de mouvement de la Sécession mené en Autriche, plus particulièrement à Vienne vers 1894. Ce mouvement prône un renouvellement de l'art en s'appuyant sur l'utilisation de la ligne courbe et de l'ornementation.

Je trouve, à titre personnel, que son travail ne se rapproche pas de ce que j'aime ni ne souhaite faire car il se situe plus dans le champ de l’ornementation et du motif décoratif. Les formes géométriques étouffent les titres des affiches dont les typographies relèvent plus d'un jeu sur la lettre et l'ornementation que d'une réelle lisibilité. Les mises en pages ne sont pas vraiment équilibrées ou harmonieuses, parfois décentrées sans raisons et les équilibres entre l'image représentée, les titres, et les couleurs dispersent et fatiguent l’œil. Il me semble que c'est le côté surchargé et dispersif de ces affiches qui me déplait. Vues de loin, rien ne se détache vraiment de l'affiche, l'ensemble me parait confus. Les couleurs utilisées n'apportent, à mes yeux, pas grand chose si ce n'est une lourdeur supplémentaire pour un rouge trop foncé ou trop criard ou un marron trop fade.


Koloman Moser, Sezession, 1900
Koloman Moser, Kleeblatt, 1898
Koloman Moser, Flächenschmuck, 1901






Michel Quarez est un affichiste français né en 1938 à Damas. Il a beaucoup travaillé pour des structures publiques (mairies, ministère de la Culture) mais aussi pour des organismes et des associations communistes. Après ses études en France, aux Beaux-Arts de Bordeaux puis à l'ENSAD, Quarez suivit l'enseignement de Henryk Tomaszewski (comme la plupart des graphistes de sa génération, Alain Le Quernec ou les membres de Grapus). 

Son travail s'éloigne de ma démarche par sa manière d'utiliser les couleurs bien que le travail plastique et l'engagement politique de ses affiches soit respectables et prends une place important dans son oeuvre. Je trouve les couleurs fluorescentes et vives bien trop agressives et fatigantes pour l’œil. Par ailleurs, je pense que l'utilisation de ces couleurs est voulu, pour créer un impact visuel important, mais à mon sens cela fait vite saturer le spectateur et ce n'est pas forcément nécessaire pour attirer l’œil. C'est cette fatigue visuelle que j'évite de produire. Par ailleurs, le côté inachevé ou enfantin de ses affiches me dérange vraiment et est renforcé par la typographie peinte à la main. Bien que le côté très coloré délivre une forte énergie visuelle, l'aspect incomplet des formes mises en place dessert, à mes yeux, l'impact recherché.



Michel Quarez, Festival Paris quartier d'été, 2009


Michel Quarez, Exposition au Stedelijk Museum, 2006


Michel Quarez, Exposition à la Bibliothèque Forney, 2009







3) Quel est votre point de vue sur l'organisation de l'ouvrage "Le design graphique" tant sur le contenu que sur la forme. Qualités et défauts. Argumentez. Illustrez.


Le Design graphique, Alain Weill, éd. Découvertes Gallimard, 2003




La couverture du livre illustre une reprise du travail de Lester Beall et de sa série pour la Rural Electrification, qui marque une rupture avec la création de ses prédécesseurs et amorce ce que sera le graphisme d'après-guerre. Je pense que c'est un bon choix non seulement pour les couleurs utilisées mais également l'impact visuel ainsi que le mouvement donné par le rouge en partie inférieure de l'image et les flèches pointant toutes les trois vers la maison qui est la clé de l'image. Une couverture simple et efficace que je trouve très attrayante.

Je ne trouve pas nécessaire par contre les idéogrammes des Viennois du mouvement de la Sécession sur la tranche du livre qui plus est est collé au titre de l'ouvrage.
L'ouvrage permet d'appréhender pleinement le design graphique, de ses prémices jusqu'au début de l'ère numérique. J'ai trouvé très intéressants les passages sur les débuts des magazines et sur les premiers photomontages. J'ai appris beaucoup de choses sur l'évolution des techniques de création. Le premier texte de Léon Paul Fargue résume parfaitement la direction qu'a pu prendre le design graphique utilisé à des fins publicitaires. Les documents supplémentaires (p.130 à 143) apportent vraiment un regard nouveau une fois que l'on a parcouru l'ouvrage. D'ailleurs, cet ouvrage met vraiment en avant l'aspect publicitaire du graphisme et du publicitaire ou du graphiste lui même et c'est passionnant.


Je trouve cela dommage qu'il y ait quelques erreurs tels qu'un en-tête passant du chapitre 3 au chapitre 4 puis revenant au chapitre 3 (p. 62 à 66) ou des erreurs d'orthographes dans les annexes (p.154) avec Hoffman, Arnim au lieu de Armin.
Par ailleurs, il est parfois compliqué de saisir le sens de certaines phrases tellement il y a de noms de mouvements, de créateurs et de dates qui se suivent. Mais c'est un aspect également intéressant parce que cela permet d'aller faire des recherches pour les noms qu'on ne connaissait pas auparavant et de découvrir de nombreux artistes.


La mise en page est diversifiée et permet au lecteur de ne pas s'ennuyer visuellement. L'appui des notions développées dans le texte par des visuels permet de voir directement les ruptures ou changements amorcés par les mouvements ou créateurs.




4) Proposer une liste comparable : "Début d'une bibliographie" sur le graphisme.

 

 

 

Liste d'ouvrages sur le graphisme :

 

Mise en page(s), etc : Manuel
Damien et Claire Gautier, éd. Pyramyd, 2010

 

Pour les plus intéressés cet ouvrage explore l'élaboration des grilles de composition suivant le type de document (magazine, brochure, affiche, flyer) en passant par l'utilisation des couleurs et des caractères jusqu'aux réglages typographiques fins tels que justification, alignement, césures. Des schémas commentés expliquent les termes techniques qu'il est indispensable d'avoir assimilé afin de maîtriser les règles de la composition.

 

 

 












 
 
Le Graphisme de 1890 à nos jours,
Richard Hollis, éd. Thames & Hudson, 2004

 

Ce livre donne un aperçu sur 234 pages de l'histoire du graphisme dans les différents mouvements et créateurs qui le compose jusqu'à nos jours ainsi que les nouveaux mouvements depuis 1990. Les propos de l'auteur, Richard Hollis, sont appuyés par plus de 800 reproductions.
Une référence pour les étudiants comme les professionnels.

 

 

 

 

 











 
 
1000 Affiches (de 1890 à nos jours),
  Cees W. de Jong, Alston W.Purvis, Martijn F. Le Coutre,
   éd. Hazan, 2010

 

Ce livre permet d'appréhender toute la diversité de la création graphique depuis plus d'un siècle et dans le monde entier. Beaucoup d'images de cet ouvrage sont inédites.

 

 

 

 

 

 

  











 
Anthologie du graphisme,


 

Cet ouvrage présente un panorama complet du graphisme, tant en théorie qu'en pratique sur la création de ces 80 dernières années. Entre hier et aujourd'hui, Anthologie du graphisme constitue une bible de l'art graphique, entre ouvrage de référence, recueil d'exemples et source d'inspiration.

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